LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Un jardin en Normandie

Pratiquer la permaculture, tenter de préserver la biodiversité n'a pas grand intérêt en soi si l'on se concentre sur un seul jardin.

Il faut aussi tenter d'être didactique.

De communiquer.

D'exporter ses modèles.

Le plus facile, bien sûr, est la transmission familiale.

Sur ce point, au moins, nous avons réussi.

Les hasards de la vie ont fait que notre fille (Cécile) vive actuellement dans un village de Normandie.

D'autres hasards ont fait qu'elle a rencontré un compagnon (Cédric) avec lequel elle partage (logiquement) nombre de valeurs.

De fait, il existe aujourd'hui, à Saint Pierre de Bailleul, un "autre" jardin de Choui et Leia.

 

 

Qui obéit aux même règles.

Aucun intrant.

Aucune chimie.

Et qui parait très bien s'en porter.

 

 

A quoi reconnait-on qu'il s'agit d'un jardin permaculturel?

En ce qui concerne l'absence d'intrant et de chimie, bien sûr, il faut nous croire sur parole.

Nous ne pouvons le prouver avec quelques photos.

Pour le reste, regardons de plus près.

Nous constatons facilement que l'une des premières règles de la permaculture est respectée.

Il s'agit de la multiplication des espèces végétales.

 

 

N'importe quel jardin doit comporter beaucoup d'espèces différentes.

Cela crée des équilibres entre les plantes.

Génère des symbioses.

  

Evidemment, au début, à moins de démarrer à partir de rien, il faut faire avec ce qui était déjà là.

Lorsque nous avons acheté notre maison, nous nous sommes heurtés au problème des haies de pittosporum.

Cécile et Cédric se sont trouvés confrontés à celui des haies de cyprès.

 

Quoi de plus banal, de plus habituel, que de limiter l'espace de son jardin par des cyprès?

Si ce n'est que, sur un plan esthétique, cela nous parait nul.

Et, au niveau de la biodiversité, archi nul.

Lorsque les sempiternelles haies, construites à partir de la même espèce, sont là, il est psychologiquement difficile de les raser.

On en laisse un peu, et on remplace le reste.

 

 

On constate facilement que les voisins, juste de l'autre côté du mur, ont, eux, conservé religieusement leur haie de cyprès.

La religion c'est très bien, sauf si cela tourne au dogmatisme.

 

 

Les haies de cyprès sont inscrites dans notre imaginaire collectif.

Rien n'est plus éloignée de la permaculture.

Une seule espèce.

Bien rangée.

De préférence bornant du gazon.

Encore une seule espèce.

Bien rangée.

 

(droits reservés)

 

Ceci est si étranger d'une démarche permaculturelle que l'on finit par trouver en vente des haies et gazons en matière synthétique...

 

Un beau jardin ne doit pas être un jardin bien rangé.

Une haie de bordure ne doit pas être bien alignée.

 

 

Si nous continuons la visite du jardin, nous rencontrons d'autres éléments permaculturels.

Evidemment, les précipitations en Normandie ne sont pas les mêmes qu'en Provence.

Pour autant, le paillage reste utile.

Il fait partie d'une approche permaculturelle raisonnée.

Car le paillage ne sert pas qu'à préserver l'humidité.

Il évite aussi la prolifération des mauvaises herbes.

Et permet l'amendement du sol.

 

 

On constate la présence dans ce jardin "permaculturel" d'autres éléments importants.

En premier, les pelouses sont constituées d'espèces sauvages.

 

 

Les tontes respectent les floraisons.

 

 

Les fleurs des pelouses sont souvent très petites.

Donc très basses.

Il est facile de les préserver.

 

 

Si l'on préfère une tonte plus rase, il n'est pas difficile d'en faire le tour.

 

 

Dans tous les cas, une pelouse sauvage peut revêtir un très bel aspect. 

 

 

Un autre élément indispensable à la permaculture: les bacs de compost.

 

 

Il faut, évidemment, fournir de l'azote aux végétaux.

La démarche permaculturelle s'apparentant à une forme d'autosuffisance, l'azote utilisé provient de nos déchets.

Un minimum de deux bacs est nécessaire.

Un pour le compost frais.

Un pour le compost "utilisable", deux ans minimum.

 

 

Si nous continuons la visite du jardin, nous rencontrons d'autres éléments "permaculturels" indispensables.

Une serre, une réserve d'eau de pluie, et des buttes pour un potager futur...

 

 

A droite de la serre on devine la présence d'une mare.

Dans laquelle des joncs ont évidemment poussé.

Et, à côté de la mare, des résidus végétaux en attente de recyclage.

 

 

On rencontre aussi un éléagnus, dont les fruits sont très appréciés des oiseaux sauvages.

Et qui, surtout, permet de fixer l'azote du sol dont profiteront les autres plantes situées à sa proximité.

 

 

Enfin, un dernier élément essentiel.

Dans un jardin "permaculturel", il faut respecter des espaces "sauvages".

Dans ces espaces, on "laisse faire".

Montons vers le haut du jardin.

Nous nous approchons d'espaces "naturels".

 

 

C'est dans ces zones "périphériques" qu'il faut laisser la nature s'exprimer.

Le jardin s'en portera mieux.

De même que ses insectes.

Et bien d'autres choses encore.

 

 

Quelques signes ne trompent pas.

Comme la présence de ces petits tortillons: des turricules.

 

 

Les turricules sont les déjections des vers de terre.

Les vers de terre sont essentiels à la vie du sol.

La présence de turricules constitue un bon indice de sa qualité.

 

Au départ de l'aventure de notre planète, il n'y avait ni jardins, ni hommes. 

Et tout s'équilibrait.

Grâce à des réglages subtils. 

N'importe quel jardin, même permaculturel, est artificiel.

La marque de l'homme s'y remarque obligatoirement.

 

  

Mais, au moins, un jardin permaculturel essaie-t-il de préserver l'essentiel: la vie sous toutes ses formes.

Tout en restant un beau jardin.

De notre point de vue, cela parait plutôt réussi.

 



30/05/2019
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