LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Des abeilles en général

Les hyménoptères, tout le monde sait ce qu'ils sont.

Ce sont (en gros) les abeilles, les guêpes et les fourmis.

On les connait et on les remarque facilement.

Du moins, croyons-nous les connaitre.

Nous verrons que c'est loin d'être le cas.

Pourquoi connaissons-nous les hyménoptères?

Parce que ce sont, en général, de gros insectes.

Donc faciles à observer et à photographier.

Bombus pascuorum (3) (bourdon des prés):

 

APIDAE Bombus pascuorum 11.JPG

 

Polistes dominula (2) (guêpe poliste):

 

VESPIDAE Polistes dominula 4.JPG

 

Il faut juste faire un peu gaffe.

 

002.jpg

(droits réservés)

 

Et, quand ils sont petits, ils sont nombreux.

Donc on les remarque aussi.

Tapinoma sp. (3):

 

FORMICIDAE Tapinoma sp. 2.JPG
 

En fait, ce ne sont là que de contre-exemples.

La réalité est bien différente.

Laissons de côté guêpes et fourmis, qui font l'objet d'autres articles et concentrons-nous un instant sur les abeilles.

 

Donc, parmi les hyménoptères, il y a les abeilles.

Ce sont certainement les insectes les plus connus du profane.

Ce que sait moins le profane, par contre, c'est que les abeilles ne représentent qu'une petite partie de la famille à laquelle elles appartiennent.

Cette famille se nomme les Apidae, et elle compte environ 150 espèces en France.

Ce que l'on nomme habituellement "abeille" correspond à l'abeille domestique, dont le genre est Apis.

Ce qui nous donne en taxonomie:

 

Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe Insecta
Ordre Hymenoptera
Sous-ordre Apocrita
Super-famille Apoidea
Famille Apidae
Sous-famille Apinae
Tribu Apini
Genre Apis

 

Il existe sept espèces du genre Apis, dont la plus connue, et la plus utilisée de loin en apiculture, est Apis mellifera.

Apis mellifera (3) (abeille domestique):

 

APIDAE Apis mellifera 2 (abeille domestique).JPG

 

Naguère, nous avions disposé une ruche dans une zone du jardin et la colonie d'abeilles qui l'habitait se portait très bien.

Nous avions ainsi l'impression de participer de la préservation de cette espèce si banale, si importante, mais dont la population est, depuis, plusieurs années, en très forte diminution.

La ruche:

 

IMGP3492.JPG 

 

On a invoqué des tas de causes à la disparition des abeilles dans certaines régions.

La seule qui prévaut reste l'usage intensif des pesticides.

En Chine, la situation, en certains endroits, est tellement dramatique que l'on emploie des centaines de personnes pour polliniser à la main.

Lorsque cela arrivera en France, nous nous souhaitons bien du plaisir.

 

Homo sapiens (3) (abeille chinoise):

 

4405591_7_1fc3_les-cultivateurs-sont-flous-sur-les-raisons-qui_4958d78f0da177b99e6377abee4f20b0.jpg

(droits réservés)

 

En attendant notre ruche semblait active, y compris jusqu'à l'approche de l'hiver.

Ici, mi-novembre:

 

IMGP3500.JPG

 

Puis, un jour, l'essaim s'est carapaté.

Nous avons essayé une deuxième fois, avec le même résultat.

De guerre lasse, nous avons fini par abandonner.

Nous avons appris depuis que, si elles sont trop nombreuses, les abeilles domestiques finissent par concurrencer les abeilles sauvages.

Nous ne savons pas si ce fut le cas chez nous.

Toujours est-il que, malgré l'échec de notre ruche, Apis mellifera est toujours très présente dans notre jardin.

Mais elle est loin d'être la seule.

 

Dans la famille des Apidae, nous rencontrons aussi les bourdons.

Pour ceux-ci, cela se corse un peu.

Tout le monde, ou presque, sait que le bourdon n'est pas le mâle de l'abeille (qui est le faux-bourdon).

Mais ce que presque personne ne sait, c'est qu'il n'existe pas qu'un seul type de bourdon.

Comme les abeilles, les bourdons font du miel, mais en beaucoup plus petite quantité.

Ils appartiennent tous au genre Bombus, mais se répartissent en une trentaine d’espèces en Europe.

De part chez nous, le plus fréquent est le bourdon des champs.

Bombus pascuorum (3):

 

APIDAE Bombus pascuorum 2 (bourdon des champs).JPG

 

Parfois, il est plus pâle.

Bombus pascuorum (3):

 

APIDAE Bombus pascuorum 3 (bourdon des champs).JPG

 

On rencontre aussi assez souvent le bourdon des jardins.

Bombus hortorum (3):

 

APIDAE Bombus hortorum 2 (bourdon des jardins).JPG

 

De même que le bourdon terrestre.

Bombus terrestris (3):

 

APIDAE Bombus terrestris 4 (bourdon terrestre).JPG

 

Les deux se ressemblent, mais le premier dispose de deux bandes jaunes sur le thorax, pour une seule chez le second.

Le bourdon des prés est plus rare.

Bombus pratorum (2):

 

APIDAE Bombus pratorum 3  (bourdon des prés).JPG

 

De même que le bourdon des pierres.

Bombus lapidarius (2):

 

APIDAE Bombus lapidarius 2 (bourdon des pierres SP).JPG

 

Ou encore le bourdon des forêts.

Bombus sylvarum (3) (bourdon des forêts):

 

APIDAE Bombus sylvarum 1 (bourdon des forêts).JPG

 

En plus des bourdons, il y a les bourdons-coucous.

Ceux-ci, comme leur nom l'indique, se comportent à la manière des oiseaux "coucous".

C'est-à-dire qu'ils pondent dans le nid des autres espèces de bourdon.

Bombus campestris (coucou des champs) (1):

 

APIDAE Bombus campestris 1 (coucou des champs).JPG

 

Bombus sylvestris (coucou des bois) (3):

 

APIDAE Bombus sylvestris 2 (coucou des bois).JPG

 

Toutes ces espèces sont des insectes pollinisateurs (ce sont loin d'être les seules).

Leurs vols fréquents dans notre jardin, du moins l'espérons-nous, sont un bon signe de leur vitalité.

Et de l'efficacité de disposer d'un jardin 100% biologique.

Ce d'autant que nous avons la chance d'habiter dans une zone assez peu agricole.

Donc, pas de pesticides à proximité.

 

Dans la famille des Apidae, existent d'autres espèces.

Qui sont aussi des espèces pollinisatrices, bien qu'elles ne fassent pas de miel.

L'une d'entre elles est très connue, et très fréquente.

Il s'agit de l'abeille charpentière, ou xylocope violacé.

Ceux qui ne connaissent rien aux insectes (dont nous faisions partie naguère) la confondent souvent avec les bourdons.

Xylocopa sp. (3):

 

APIDAE Xylocopa violacea 3 (abeille charpentière).JPG 

 

L'abeille charpentière fait peur, car elle est très grosse, son vol est rapide et bruyant.

Pourtant, si elle peut théoriquement piquer, elle ne s'attaque jamais à l'homme.

De ce point de vue, il s'agit d'une espèce très peu agressive.

N'hésitez pas à l'approcher, il n'y a aucun danger.

Les xylocopes sont, bien sûr, d'excellents pollinisateurs.

Ils ont l'avantage de disposer, de même que les bourdons, d'un appareil buccal puissant.

Ce qui leur permet de polliniser des fleurs que les abeilles délaissent.

Xylocopa sp. (3):

 

APIDAE Xylocopa violacea 2 (abeille charpentière).JPG

 

Bombus pascuorum (3): 

 

APIDAE Bombus pascuorum 4 (bourdon des champs).JPG

 

Les abeilles charpentières, que l'on nomme ainsi parce qu'elles creusent leurs nids dans le bois, comptent en fait plusieurs espèces différentes.

Pas toujours faciles à différencier entre elles.

La plus répandue est Xylocopa violacea.

Les mâles de cette espèce sont repérables.

Ils disposent d'un anneau caractéristique sur les segments 11 et 12 des antennes.

Xylocopa violacea (3) (abeille charpentière):

 

APIDAE Xylocopa violacea 1 (abeille charpentière).JPG

 

Mais, à côté de Xylocopa violacea existent deux autres espèces.

Elles nous avaient complètement échappé dans un premier temps.

Le petit xylocope bleu est nettement plus petit (comme son nom l'indique).

Xylocopa iris (2):

 

APIDAE Xylocopa iris 3.jpg

 

La troisième espèce ne se distingue de violacea que si l'on voit le tibia.

Ou si l'on est sûr qu'il s'agit d'un mâle (sept tergites et antennes uniformément noires).

Xylocopa valga (2):

 

APIDAE Xylocopa violacea 5 (abeille charpentière).JPG

 

Cela pourrait s'arrêter là.

Ce serait évidemment trop simple.

Les xylocopes, qui font donc partie de la famille des Apidae, entrent dans la sous-famille des Xylocopinae.

Dans cette sous-famille, on rencontre aussi le genre Ceratina.

Bien moins impressionnantes que celles du genre Xylocopa qui, elles, dépassent souvent les trois centimètres.

On les appelle aussi les petites abeilles charpentières, car leur comportement est identique à celui de leurs cousines plus grosses.

Plus petites, elles sont aussi plus difficiles à déterminer.

Ceratina sp. (1):

 

APIDAE Ceratina sp. 2.JPG

 

Parfois, leur couleur nous fourni un indice.

Ceratina cyanea (3) (cératine bleutée):

 

APIDAE Ceratina cyanea 1.JPG

 

D'autres fois, nous avons tenté d'aller jusqu'à l'espèce, mais avec une once de mauvaise foi.

Ceratina cucurbitina (1):

 

APIDAE Ceratina cucurbitina.JPG

 

Toutefois, il ne faut pas se laisser griser.

Il est extrêmement compliqué pour un débutant de distinguer le genre Ceratina d'autres petites abeilles noires.

Il en existe dans d'autres familles (Collètes, Halictes, Mégachiles).

 

La famille Apidae ne se résume pas aux abeilles, aux bourdons et aux xylocopes.

Dans notre jardin, nous avons rencontré d'autres espèces.

Parmi celles-ci des anthophores, qui est un groupe d'abeilles sauvages.

Pour les autres abeilles sauvages, voir l'article "des abeilles sauvages en particulier".

Amegilla albigena (2):

 

APIDAE Amegilla albigena.JPG 

 

Amegilla quadrifasciata (1):

 

APIDAE Amegilla quadrifasciata 1.JPG 

 

Amegilla garrula (1):

 

APIDAE Amegilla garrula.JPG

Ces espèces sont difficiles (voire impossibles) à déterminer sur une seule photo, surtout quand celle-ci n'est pas très bonne.

Aussi, souvent, il faut se retrancher derrière le fameux "sp.", qui signifie espèce non déterminée dans le groupe.

Et qui, surtout, cache notre incompétence en la matière.

Anthophora sp. (2) (peut-être s'agit-il d'Anthophora plumipes):

 

APIDAE Anthophora plumipes 2.JPG

Amegilla sp. (3):

 

APIDAE Amegilla sp. 3.JPG

Autre Amegilla sp. adoptant une position particulière.

Elle ne fait pas sa séance d'abdominaux, mais nettoie son appareil buccal avec ses pattes antérieures:

 

IMGP3221 (2).JPG

Dans le genre Nomada, nous n'avons rencontré qu'une seule espèce, heureusement très caractéristique.

Nomada succincta (3):

 

APIDAE Nomada succincta 4.JPG

 

Dans le genre Eucera, notre première rencontre suscita un gros doute avant d'aller jusqu'à une détermination.

Qui reste encore incertaine.

Eucera sp. (2):

 

APIDAE Eucera sp. 2.JPG

 

Les suivantes furent plus probantes.

Eucera longicornis (2) (eucère à longues antennes):

 

APIDAE Eucera longicornis 2.JPG

Eucera nigriscens (2) (eucère noirâtre):

 

APIDAE Eucera nigriscens 3.JPG

 

Enfin, un dernier spécimen d’apidé, pour une fois très caractéristique.

Thyreus ramosus (3) (crocise rameuse):

 

APIDAE Thyreus ramosus 1.JPG

 

Finalement, malgré nos tentatives "ruchières" avortées, Apis mellifera reste très présente dans le jardin.

Ainsi que de nombreuses cousines.

En tout cas, nous sommes encore loin de devoir polliniser à la main.

Espérons que cela dure car si un jour nous en sommes réduits à cela, nous serons près de la fin.

Les Apidae ne sont qu'une famille au sein de l'ordre des hyménoptères, qui en compte plus de soixante.

Parmi ces soixante familles, cinq d'entre elles sont considérées comme des abeilles sauvages.

Pour la suite, voir l'article intitulé "des abeilles sauvages en particulier".

 



26/10/2016
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