LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Le retour des mouches

Au début de l'hiver, plus grand chose ne vole dans le jardin.

Pour autant, ce n'est pas le désert.

Nous rencontrons encore quelques insectes, essentiellement des mouches.

Toutes les photos qui suivent ont été prises un 22 décembre.

Phaonia rufiventris (2):

 

MUSCIDAE Phaonia rufiventris 2.JPG
 

Anthomyia procellaris (2):

 

ANTHOMYIIDAE Anthomyia procellaris 4.JPG
 

Thaumatomyia notata (3) (chlorope):

 

CHLOROPIDAE Thaumatomyia notata 5.JPG
 

Episyrphus balteatus (3) (syrphe à ceintures):

 

SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 10.JPG
 

Calliphora vicina (3):

 

IMGP9604.JPG
 

Coenosia mollicula (2):

 

MUSCIDAE Coenosia mollicula 1.JPG

 

Il va cependant falloir attendre le début de printemps pour que tout cela recommence à vraiment s'activer.

L'hiver est très court en Provence.

L'attente ne dure que quelques semaines.

Dès le mois de février, la floraison du mimosa attire déjà les premiers insectes.

Et, encore et toujours, ce sont des mouches.

Meliscaeva auricollis (3):

 

SYRPHIDAE Meliscaeva auricollis 1.JPG

 

Episyrphus balteatus (3) (syrphe à ceintures):

 

SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 5.JPG 

  

Dans le cas présent, ce sont des syrphes.

Ceux-ci étant des adeptes du vol stationnaire, nous en profitons pour faire quelques jolies photos.

Episyrphus balteatus (3) (syrphe à ceintures):

 

SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 3.JPG 

 

Nous n'allons pas insister ici sur les syrphes, auxquels deux autres articles sont consacrés ("Encore des mouches" et "Magnifiques et mystérieux, les syrphes").

Et revenir, encore une fois, vers les "mouches" proprement dites.

Car nous ne sommes pas près d'avoir épuisé le sujet.

 

Les mouches "vraies" nous accompagnent tout au long de l'année.

Avec les syrphes, elles font partie des premiers insectes qui se montrent au printemps.

La photo qui suit a été prise début mars.

Coenosia lineatipes (2):

 

MUSCIDAE Coenosia lineatipes.JPG

 

Et elles font partie des derniers, comme on l'a vu, qui résistent à l'hiver.

La photo qui suit date du mois de décembre.

Phaonia subventa (2):

 

MUSCIDAE Phaonia subventa 1.JPG

 

Les genres Phaonia et Coenosia appartiennent tous les deux à la famille des Muscidae.

Les Muscidae (mouches "vraies") représentent la famille de diptères la plus connue et l'une des plus nombreuses.

C'est au sein de cette famille que l'on rencontre la mouche domestique, la mouche d'automne, la mouche des étables...

Ce devrait donc être l'une des familles les plus faciles pour l'entomologiste amateur.

Nous avons déjà vu dans un autre article ("Les mouches") que c'est loin d'être le cas.

 

En effet, les Muscidae sont un casse-tête chinois.

Nous avons lu quelque part, dans l'excellent forum "le monde des insectes", qu'un diptère gris qui ressemble à une mouche a toutes les chances d'appartenir à la famille des Muscidae.

C'est exactement çà.

Mais cela ne nous amène pas très loin.

Certaines espèces, certes, sont faciles à déterminer.

Stomoxys calcitrans (3) (mouche des étables):

 

MUSCIDAE Stomoxys calcitrans 3.JPG

 

On ne peut pas la rater en raison de sa "trompe".

D'autres présentent des couleurs caractéristiques.

Lispocephala brachialis (3):

 

MUSCIDAE Lispocephala brachialis 3.JPG

 

Mais la plupart des espèces sont beaucoup plus difficiles à reconnaître.

Ce d'autant qu'il s'agit d'espèces petites.

Donc difficiles à photographier.

C'est le cas du genre Coenosia.

Coenosia tigrina (2):

 

MUSCIDAE Coenosia tigrina.JPG

 

Ici, la taille de l'insecte et l'allure générale nous indique le genre.

Pour l'espèce, c'est le plus souvent impossible.

Un détail, la couleur des pattes dans le cas suivant, parfois nous guide.

Mais la certitude est rare.

Nous restons dans le domaine du probable.

Coenosia albicornis  (1):

 

MUSCIDAE Coenosia albicornis 1.JPG

 

Lorsqu'une mouche ressemble à une autre mouche, il faut regarder les ailes.

Cela ne suffit pas, mais correspond à un indice essentiel.

La forme des nervures diffère selon les genres.

Hebecnema nigra (2):

 

MUSCIDAE Hebecnema sp. 3.JPG

 

Dans le cas présent, la première nervure médiane (grande flèche bleue) rejoint le bord de l'aile, sans présenter de coude.

Elle est sensiblement parallèle à la dernière nervure radiale (petite flèche bleue).

Les nervures sont ombrées.

La nervure transverse (flèche rouge) est quasiment rectiligne.

 

MUSCIDAE Hebecnema nigra 1 (2).JPG

 

Dans les cas suivants, la transverse n'est pas rectiligne.

Elle a la forme d'un "S" allongé.

Helina latitarsis (2):

 

MUSCIDAE Helina latitarsis 2.JPG

 

Helina evecta (2):

 

MUSCIDAE Helina evecta 3.JPG

 

Dans le cas suivant, la nervure transverse est "ombrée".

Phaonia tugurorium (2):

 

MUSCIDAE Phaonia tuguriorum.JPG

 

Ce ne sont que des exemples.

Il en est bien d'autres.

Mais, lorsque l'on débute, en dehors de l'allure générale de l'insecte, la nervation des ailes est un indice important.

Et facilement accessible au profane.

On trouve sans problème les indications nécessaires sur internet.

 

La nervation alaire est une piste.

Elle oriente vers une famille ou un genre.

Elle ne suffit jamais à déterminer une espèce. 

Dans de nombreux cas,  nous avons une "impression", parfois une quasi certitude, mais persiste toujours un élément qui cultive le doute.

Muscina stabulans (1):

 

MUSCIDAE Muscina stabulans 1.JPG

 

Phaonia palpata (1):

 

MUSCIDAE Phaonia palpata 1.JPG

 

Souvent, nous regrettons le temps, pas si lointain, où, pour nous, les mouches n'étaient que des mouches.

Mais, une fois la boite de Pandore ouverte, il est trop tard.

La curiosité nous pousse.

Nous ne regarderons plus jamais les mouches de la même façon.

 

Parfois, même les espèces plus banales nous font douter.

Fannia canicularis (2) (petite mouche domestique):

 

FANNIIDAE Fannia canicularis 3.JPG

 

A noter que Fannia canicularis n'appartient pas à la famille des Muscidae.

Mais à la (petite) famille des Fanniidae, qui leur sont apparentées.

En fait, il est quasiment impossible, à partir d'une photo, de déterminer à coup sûr une espèce appartenant aux Fanniidae.

Tout se joue sur un infime détail de la nervation alaire, le plus souvent peu visible.

Ainsi, celle-ci, étiquetée avec beaucoup de mauvaise foi Fanniidae, n'en est peut-être pas une.

Fannia lustrator (1):

 

FANNIIDAE Fannia lustrator.JPG

 

Pourtant, ce ne sont que des mouches...

Tout cela est finalement très étrange.

Nous regardons des êtres vivants.

Ils sont là, dans le viseur de nos appareils photos.

Nous ne sortons quasiment jamais de notre jardin pour photographier les insectes.

Et, sous nos yeux, tous les jours, se promènent des bestioles dont nous ignorons tout.

Dont nous n'arrivons même pas à trouver le nom.

Or, ce que l'on ne sait pas nommer, l'on ne peut le connaitre.

Voici, par exemple, quelques spécimens en attente de détermination.

 

IMGP4256.JPG

 

IMGP9507.JPG

 

IMG_4768.JPG

 

Qui sont-elles?

Certes, un entomologiste averti aurait une piste du premier coup d’œil.

Mais même les meilleurs entomologistes ne connaissent pas tout.

Les humains sont des empotés.

Ils croient connaître des choses.

Mais la seule chose pour laquelle ils soient doués c'est se poser des questions.

Au moins, certains se posent-ils des questions...

 

Nous avons compris, cette année, qu'il nous serait pour toujours impossible de déterminer certaines mouches.

Même parmi les plus banales.

Ainsi, nos clichés intitulés Calliphora (famille des Calliphoridae) se terminent-ils la plupart du temps par "sp."

Ce fameux "sp.", que nous avons évoqué déjà dans d'autres articles du blog, vient du latin "species", qui veut dire espèce.

Lorsque l'on écrit "sp.", cela signifie simplement que, si nous connaissons le genre, nous sommes dans l'incapacité de déterminer l'espèce, qui reste inconnue.

Calliphora sp. (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora sp. 5.JPG

 

Parfois, nous arrivons jusqu'à l'espèce.

Calliphora vicina (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora vicina 5.JPG
 

Sur le cliché précédent, il est impossible de la déterminer.

Mais il s'agit du même individu sur le cliché suivant.

Calliphora vicina (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora vicina 4.JPG

 

On reconnait l'espèce parce que les gènes (joues) présentent une couleur orangée.

Si elles avaient été noires, il se serait agit de Calliphora vomitoria.

 

De même, une autre mouche très banale, Sarcophaga carnaria (famille des Sarcophagidae), la mouche à damier, est quasiment impossible à déterminer sur photo.

Le spécimen qui suit pourrait-être aussi bien "carnaria" que "africa", voire une autre encore...

Sarcophaga sp. (3):

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga sp..JPG

 

Celle-ci, pourtant proposée au site "Le monde des insectes", ne fut pas déterminée non plus.

Faute d'éléments probants sur la photo.

Sarcophaga sp. (3):

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga sp..JPG

 

La seule espèce de Sarcophaga que l'on peut déterminer à coup sûr est africa.

A une seule condition: que le dernier tergite abdominal soit visible.

Voir à ce sujet l'article "Les mouches".

 

Si la mouche est très petite, on peut supposer une autre espèce.

Mais la nommer contient, encore, une once de mauvaise foi.

Voir à ce sujet l'article "la mauvaise foi".

Sarcophaga dissimilis (1):

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga dissimilis 1.JPG

 

Quant aux autres membres de la famille des Sarcophagidae, il faut tourner et virer dans les forums pour trouver.

Le plus souvent, comme toujours, nous restons dans le cadre des suppositions.

Senotainia albifrons (1):

 

SARCOPHAGIDAE  Senotainia albifrons 1.JPG

 

Metopia campestris (2):

 

SARCOPHAGIDAE Metopia campestris 1.JPG

 

Encore une fois, la nervation alaire nous évite souvent de grossières erreurs.

Ainsi, le spécimen suivant fut d'abord étiqueté Dasyphora albofasciata.

Il n'en est pas si éloigné.

Un détail de l'aile, qui nous avait échappé dans un premier temps, est pourtant rédhibitoire.

La première médiane rejoint le bord de l'aile en s'approchant de la dernière radiale.

Elle décrit un coude (flèche rouge).

L'angle étant très marqué, il s'agit, en fait, du genre Sarcophaga.

Nous n'avons pas encore rencontré Dasyphora albofasciata dans notre jardin.

 

MUSCIDAE Dasyphora albofasciata 1 (2).JPG

 

La famille des Anthomyiidae est très proche de celle des Muscidae.

Les deux font partie de la super-famille des Muscoidea.

Dans cette famille, l'identification est aussi problématique.

A de rares exceptions près, déterminer une espèce est redoutable pour l'entomologiste débutant.

Delia platura (1):

 

ANTHOMYIIDAE Delia sp. 1.JPG

 

Hylemya variata (1):

 

ANTHOMYIIDAE Hylemia sp..JPG
 

Pegoplata aestiva (1):

 

ANTHOMYIIDAE Pegoplata sp..JPG

 

Anthomyia liturata (2):

 

ANTHOMYIIDAE Anthomyia liturata 1.JPG

 

Fucellia tergina (1):

 

ANTHOMYIIDAE Fucellia tergina 1.JPG

 

Au total, les mouches vraies et apparentées sont composées des familles suivantes:

-Muscidae (mouches)

-Fanniidae (petites mouches)

-Sarcophagidae (mouches à damier et apparentées)

-Calliphoridae (mouches vertes, mouches bleues...)

-Anthomyiidae (mouches de la pluie et autres anthomyies) 

 

Il est encore une famille de "mouches" non encore abordée: les Rhinophoridae.

Cette famille est proche des Sarcophagidae.

Et, comme toutes les "mouches", ses membres nous laissent sceptiques.

 

La première que nous avons rencontré fut celle-ci.

Paykulia maculata (0):

 

RHINOPHORIDAE Paykullia maculata.JPG 

 

En réalité, il s'agissait d'une erreur d'identification.

Nous avions affaire ici a Nyctia halterata (Sarcophagidae).

Voici la bonne.

Paykulia maculata (2):

 

RHINOPHORIDAE Paykullia maculata 1 (2).JPG

 

La différence entre les deux?

Encore une histoire de nervures...

Chez les deux espèces, la première médiane rejoint la dernière radiale avant d'atteindre la bordure de l'aile.

Chez Nyctia, elle la rejoint juste avant le bord.

La fin de la nervure est courbe.

Chez Paykulia, elle la rejoint plus tôt.

La fin de la nervure est droite.

 

Cette nervation se retrouve (flèche rouge) chez d'autres Rhinophoridae.

 

RHINOPHORIDAE Stevenia signata 5 (2).JPG

 

Stevenia deceptoria (1):

 

RHINOPHORIDAE Stevenia deceptoria 2.JPG 

 

Stevenia signata (2):

 

RHINOPHORIDAE Stevenia signata 1.JPG

 

Mais pas chez toutes.

Phyto melanocephala (2):

 

RHINOPHORIDAE Phyto melanocephala 1.JPG

 

A l'arrivée, toutes familles confondues, ce sont des dizaines de clichés de "mouches" qui stagnent encore dans nos fichiers "indéterminés".

Pour parvenir à une certitude avec les mouches, il faudrait les tuer et les passer sous une loupe binoculaire.

Mais nous ne possédons pas de binoculaire.

Et nous ne tuons pas les mouches.

Donc, nous continuons à scruter notre jardin.

 

IMGP4507.JPG

 

Mais nous sommes des scrutateurs en grande partie aveugles.

Comme les mecs de Platon dans leur caverne.

 

161209_4r4ra_dessine_caverne_sn635.jpg

 

Quelques vagues lueurs...

Sous nos yeux, nous avons affaire à un univers contigu.

Et pourtant peu perceptible.

Un univers qui restera longtemps mystérieux.

 

Donc, globalement, nos relations avec les mouches sont difficiles.

Au tout début, nous n'avions pas les bases nécessaires pour nous affranchir des obstacles les plus mineurs.

Depuis cela s'est un peu amélioré.

Mais beaucoup de chemin reste à parcourir.

Les Diptères constituent pour l'entomologiste débutant un des ordres les plus complexes.

 

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(droits réservés)

 

Avec environ une centaine de familles pour quelques 6000 espèces différentes en France, il est aussi l'un des plus importants.

Et, parmi les diptères, les espèces les plus difficiles à reconnaître sont les "mouches" proprement dites.

 

La photographie des diptères impose certaines règles.

Un téléobjectif 50/200, comme celui dont nous disposions au départ, s'il est utilisable pour les papillons et les libellules, est complètement inadapté pour les mouches.

Il faut posséder au moins un objectif macro 100mm.

Ou mieux un macro 180 mm.

 

bonsang 1.jpg

(droits réservés)

 

Mais, même avec ce type d'objectif, il faut s'affranchir du problème de la profondeur de champ, pas évident pour des croulants de l'argentique.

Ainsi que des difficultés que peut générer l'autofocus.

Deux solutions:

-Pour les patients, les acharnés, fondre sur les notices, sur les forums, et acquérir les bases nécessaires.

-Pour les foutiques, les impatients (dont nous sommes), s'affranchir des obstacles par la pratique, compenser les défauts par le traitement des images.

Et ne pas hésiter à faire des dizaines de clichés.

Ceci est l'avantage majeur du numérique: on peut multiplier les clichés.

Il en restera toujours un ou deux de bons.

Mais surtout, il faut photographier du dessus, de côté, de partout...

A condition, bien sûr, que la bestiole ne s'envole pas avant.

Sans le détail des ailes, des pattes, des soies thoraciques, etc. la plupart des "mouches" resteront dans l'ombre de nos approximations.

 

 

 

 

 

 

 



25/03/2017
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