LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Et tous les autres?

Cet article fait suite à deux articles précédents consacrés aux coléoptères.

Le premier intitulé: "Où sont-ils passés?".

Le second intitulé: "Ce qu'ils sont devenus...".

 

Les coléoptères représentent indiscutablement la famille d'insectes la plus connue des profanes.

Pourquoi?

Parce que quelques coléoptères sont emblématiques.

Tels le lucane cerf-volant, la cétoine dorée, la petite biche, le rhinocéros, etc.

Phyllognathus excavatus (3) (rhinocéros):

 

 

Avec près de 10000 espèces différentes en France, ils représentent aussi l'ordre le plus nombreux.

 

Dans les quelques articles du blog déjà consacrés aux coléoptères, nous nous sommes inquiétés de la raréfaction de ceux-ci.

En particulier celle des cétoines dorées.

Voici un des rares spécimens que nous ayons rencontré dans notre jardin.

Cetonia aurata (3) (cétoine dorée):

 

 

Alors qu'enfants nous en recontrions en moyenne un à deux par rosier.

 

Nous nous sommes aussi, dans les articles en question, contentés de distinguer les entomophages des phytophages.

C'est-à-dire les coléoptères qui bouffent des insectes.

Et ceux qui bouffent des plantes.

Il s'agit d'une approche un peu simpliste.

Nous allons voir pourquoi.

 

Commençons en premier par les coléoptères floricoles.

Mylabris quadripunctata (3) (mylabre à quatre points):

 

 

De nombreuses espèces de coléoptères sont floricoles.

Ce qui ne veut pas dire grand chose en dehors du fait qu'elles fréquentent les fleurs.

Beaucoup de coléoptères floricoles, en effet, sont des espèces polyphages.

Ce qui signifie qu'elles se nourrissent, entre autre, de nectar.

Oxythyrea funesta (3) (cétoine funeste):

 

CETONIIDAE Oxythyrea funesta 4.JPG

 

Mais pas que...

L'immense majorité des espèces floricoles se nourrissent aussi de sucs, de sève, de détritus végétaux, etc.

Protaetia cuprea (3) (cétoine cuivrée):

 

 

Parce qu'ils abîment les fleurs qu'ils fréquentent, du fait de leur poids, ou parce qu'ils grignottent les pétales, les coléoptères floricoles ont longtemps été considérés comme "nuisibles".

En réalité, ils ne mettent pas la plante en danger.

Attagenus trifasciatus (3):

 

DERMESTIDAE Attagenus trifasciatus 1.JPG

 

Sauf en des conditions exceptionnelles qui ne se rencontrent normalement jamais dans un jardin.

Surtout dans un jardin permaculturel.

Attagenus trifasciatus (3):

 

DERMESTIDAE Attagenus trifasciatus 1.JPG

 

Les coléoptères floricoles sont, en réalité "utiles".

Ils font partie, au même titre que les abeilles, bien que moins efficaces, des insectes pollinisateurs.

Ceux sont même les coléoptères qui ont inventé la pollinisation (à moins que ce ne soit le contraire?).

Car ils la pratiquent depuis 200 millions d'années.

Ils ont donc commencé bien avant les hyménoptères.

Mordella aculeata (1) (mordelle):

 

MORDELLIDAE Mordella aculeata 1.JPG

 

Beaucoup de familles de coléoptères proposent des espèces floricoles.

Dans la familles des Cerambycidae (longicornes), la plupart des espèces se nourrissent des arbres (xylophages).

Mais certaines, plus petites, préfèrent les fleurs.

Certallum ebulinum (2) (cartalle des crucifères):

 

 

Les oedemères, une famille pas très éloignée des longicornes, sont pour la plupart floricoles.

Oedemera crassipes (2):

 

 

D'autres espèces, bien que strictement entomophages, sont aussi floricoles.

Simplement parce qu'elles chassent leurs proies à la surface des fleurs.

Dasytes tristiculus (1):

 

DASYTIDAE Dasytes sp..JPG

 

Trichodes alvearius (3) (clairon):

 

CLERIDAE Trichodes alvearius 2.JPG

 

De fait, elles sont aussi pollinisatrices.

Comme le montre la photo suivante.

Dasytes croceipes (2):

 

 

La poussière blanche que l'on aperçoit sur la "bestiole" est bel et bien du pollen.

Les coléoptères transportent d'autant mieux le pollen qu'ils sont "hirsutes".

Or, il se trouve que plusieurs coléoptères sont poilus.

Tropinota squalida (1) (cétoine hérissée):

 

Enicopus ater (2):

 

 

Certaines familles de coléoptères sont détritivores.

Ils sont très utiles à l'équilibre des écosystèmes.

Et participent à la formation de l'humus.

 

Parmi eux, les staphylins.

Ce sont des coléoptères prédateurs.

Mais aussi nécrophages et détritivores.

Ocypus olens (2) (staphylin odorant):

 

 

Ils sont extrêmement utiles pour la régulation des ravageurs.

Quedius cincetus (1):

 

 

Lesquels, finalement, ne deviennent ravageurs qu'en l'absence de leurs prédateurs naturels.

 

D'autres familles de coléoptères sont aussi détritivores.

Et, à ce titre, occupent une place privilégiée dans un jardin permaculturel.

En particulier, les ténébrions.

Cteniopus sulphureus (2) (cystèle jaune):

 

 

Gonadera luperus (3):

 

TENEBRIONIDAE Gonadera luperus.JPG

 

Omophlus lepturoides (3) (omophlus orangé):

 

TENEBRIONIDAE Omophlus lepturoides 1.JPG

 

Ici, le même dont les élytres s'écartent et découvrent les ailes membraneuses avant l'envol.

Omophlus lepturoides (3):

 

TENEBRIONIDAE Omophlus lepturoides 4.JPG

 

Enfin, certaines familles sont considérées comme polyphages plus ou moins nécrophages, comme les dermestes.

C'est-à-dire qu'elles mangent un peu de tout.

Ou peut-être ne sait-on pas très bien ce qu'elles mangent...

Dermestes olivieri (2):

 

DERMESTIDAE Dermestes olivieri.JPG

 

Bref, aujourd'hui, nous sommes assez loin de ceci:

 

 

Nous avons, la communauté scientifique du moins, compris l'utilité de n'importe quelle espèce vivante.

Et commençons à nous préoccuper de l'effondrement de la biodiversité.

C'est une bonne chose, car nous n'y survivrions pas.

 

Est-ce que nous avons tout compris des coléoptères?

Ce qui est sûr, c'est que, personnellement, nous n'y avons encore pas compris grand chose.

Mais nous persévérons.

 

Par exemple, la "bestiole suivante", il y a quelques années en arrière, nous aurions pensé qu'il s'agissait d'une mouche.

Ripiphorus subdipterus (2):

 

 

Aujourd'hui, nous savons qu'il s'agit d'un coléoptère.

Un coléoptère de la famille des ripiphorides.

Certes, il ressemble à une mouche.

Mais il y a un détail de son anatomie qui ne trompe pas: ses antennes.

Aucune mouche ne dispose d'antennes semblables à celles-ci.

Alors que de nombreux coléoptères oui.

Les ripiphorides sont des parasitoïdes.

Des insectes qui pondent leurs oeufs dans d'autres insectes.

Ce comportement est assez répandu chez les hyménoptères.

Beaucoup plus rare chez les coléoptères.

 

En conclusion, les coléoptères sont nombreux, divers, et souvent surprenants.

Aucun coléoptère n'est nuisible.

Pas plus qu'aucune espèce vivante.

Lorsque des xylophages ravagent des forêts par exemple, c'est que les forêts en question sont affaiblies.

Souvent à cause de l'emprise humaine (incendies, monoculture, pollution, etc.).

 

Les cétoines, qui ont longtemps eu mauvaise réputation, ont vu leurs effectifs s'effondrer.

Hélas.

Car ils sont saproxylophages (ils se nourrissent d'arbres morts). 

A ce titre, ils ont un rôle essentiel dans le recyclage des matières organiques.

Nous pouvons donc bien leur sacrifier une tomate de temps en temps.

Protaetia cuprea (3) (cétoine cuivrée):

 

 

Le seul vrai problème avec les coléoptères c'est que, bien que très nombreux, ils sont souvent fugaces, cachés ou rapides.

Parfois les trois.

Harpalus affinis (1):

 

 

Donc, ils ne sont pas faciles à voir.

A ce titre, ils constituent indiscutablement un défi pour l'entomologiste amateur.

Il est bien plus facile pour un coléoptère d'observer un homme.

 

(droits réservés)

 



29/09/2019
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