LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

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Bizarres, féroces: les asilides

Nous avons déjà signalé, dans d'autres articles consacrés aux diptères, que cet ordre était composé de deux sous-ordres.

Les brachycères: diptères ayant des antennes courtes.

Les nématocères: diptères ayant des antennes filiformes.

Chez les nématocères, on rencontre les moustiques, les tipules, les moucherons, etc.

Chez les brachycères, on rencontre les mouches.

Dans cet article, nous allons nous intéresser à des mouches un peu particulières: les asilides.

Neoepitriptus setosulus (2):

 

 

Il faut préciser.

"Les mouches", cela ne veut rien dire.

On peut nommer "les mouches" tous les diptères.

On peut nommer "les mouches" uniquement les diptères brachycères

On peut nommer "les mouches" les espèces appartenant au genre Musca.

On peut nommer "les mouches" les genres appartenant à la famille des Muscidae.

 

Bref, appeler quelque chose "les mouches" est possible.

Mais encore faut-il préciser de quoi on parle.

 

Les "mouches" qui vont donc nous intéresser ici sont les asilides.

En latin: Asilidae.

Elles font partie du sous-ordre des brachycères.

Asilus crabroniformis (3) (asile frelon):

 

 

Ce sont des mouches très spéciales.

En effet, en général, lorsque l'on pense "mouche", on pense à quelque chose qui ressemble à cela:

Helina evecta (3):

 

 

Ou encore à cela:

Phaonia fuscata (2):

 

 

A la rigueur, à cela:

Nyctia halterata (3):

 

 

Mais certainement pas à çà:

Choerades fimbriata (2):

 

 

Les asilides ont, en effet, une morphologie très particulière, qui les différencient de n'importe quelle autre famille de mouche.

Dasypogon diadema (3):

 

 

On les surnomme "mouches à moustaches".

Tolmerus atricapillus (3):

 

 

Les asilides n'ont pas cette morphologie par hasard.

Elles ont la particularité d'être des prédateurs stricts.

De fait, elle disposent d'un proboscis (trompe) solide.

Dioctria hyalipennis (2):

 

 

Elles sont capables d'injecter un venin neutotoxique qui tue rapidement leurs proies.

Leurs longues pattes dôtées d'épines sont aussi des atoûts indispensables.

Neomochtherus geniculatus (2):

 

 

Même leurs moustaches sont utiles, qui protègent leurs yeux lorsqu'elles s'attaquent à une proie.

Neoitamus cyannurus (2):

 

 

Parmi les mouches, les asilides sont certainement les prédateurs les plus féroces.

Leur vol est rapide et elles sont capables d'attraper leurs proies en vol.

 

Quelques autres familles de mouches sont aussi prédatrices.

Les rhagionides.

Chrysopilus asiliformis (3):

 

 

Les dolichopodides.

Medetera collarti (1):

 

 

Les empides.

Empis tesselata (3):

 

 

Les thérevides.

Thereva plebeja (3):

 

 

Mais rares sont celles qui sont prédatrices strictes.

Beaucoup d'entre elles se nourrissent aussi fréquemment de nectar.

Empis pennipes (2):

 

 

On peut considérer qu'elles sont omnivores.

Bien que le terme soit peu approprié pour les insectes.

Dolichopus nigricornis (1):

 

 

Ce qui est sûr, c'est qu'aucunes ne sont aussi redoutables que les asilides.

Qui sont parfaitement adaptées à la prédation.

Molobratia teutonus (3):

 

 

Et parfois capables de véritables exploits.

Molobratia teutonus (3):

 

 

Les asilides ne piquent pas les humains.

De très rares cas ont pu être rapportés, sans gravité.

Mais, pour que cela se produise, il faut vraiment attraper la mouche entre ses doigts.

Ce qui représente un exploit, car les asilides sont rapides.

 

Comme dans n'importe quelle famille d'insectes, il n'est pas toujours facile de déterminer une asilide.

Beaucoup se ressemblent entre elles.

Tolmerus atricapillus (2):

 

 

Neomochtherus geniculatus (2):

 

 

Globalement, on ne peut pas dire que les asilides soient belles.

Choerades marginata (2):

 

 

Bien que cela soit très subjectif.

La beauté, dans le cas des insectes, est liée à des critères strictement anthropomorphiques qui n'ont pas grand chose à voir ici.

On ne peut d'ailleurs pas dire non plus qu'elles soient moches.

Dioctria linearis (2):

 

 

Ce qui est sûr, c'est qu'elles sont présentes dans nos jardins.

Au sein desquels elles participent grandement de l'équilibre des écosystèmes.

Même si elles ne sont pas toujours faciles à voir.

Donc pas faciles à photographier non plus.

Tolmerus cingulatus (1):

 

 

Sont-elles sympathiques?

A proprement parler, non.

Ce sont des prédateurs.

Mais cela suffit-il à les disqualifier?

N'existe-t-il pas, dans le règne animal, d'autres prédateurs que nous trouvons sympathiques?

 

Nicolas, disparu en 2017:

 

 

Des prédateurs qui, comme n'importe quel prédateur, peuvent être victimes d'autres prédateurs.

 

Aliénor, disparue en 2018:

 

 

Nos deux chats ayant certainement été victimes de collets posés par des braconniers.

L'homme...

Le superprédateur! Victime de lui-même.

 



07/03/2020
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