LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Sauvés des eaux

Les entomologistes, lorsqu'ils veulent augmenter leurs capacités d'observation ou de récolte, utilisent des pièges à insectes (filets, parapluies japonais, pièges lumineux, etc.).

En ce qui nous concerne, pour l'instant, nous rencontrons encore trop d'espèces nouvelles dans le jardin pour avoir éprouvé le besoin d'en utiliser.

Depuis peu, pourtant, nous avons utilisé un piège à insectes sans le vouloir.

Nous avons, en effet, installé une piscine hors sol.

Et celle-ci s'est avérée être un piège à insectes redoutable.

Depuis, tous les jours d'été, nous sauvons des eaux une certaine quantité d'espèces, qui s'avèrent, à la longue, très variées.

En particulier des hyménoptères.

Apis mellifera (3) (abeille domestique):

 

APIDAE Apis mellifera 11.JPG
 

Eumenes sp. (3) (guêpe eumène):

 

VESPIDAE Eumenes sp. 3.JPG
 

Polistes sp. (3) (guêpe poliste):

 

VESPIDAE Polistes sp. 8.JPG

 

Des diptères de familles différentes.

Tachinaires.

Bithia sp. (3):

 

TACHINIDAE Bithia sp. 8.JPG

 

Bombyles.

Villa hottentotta (3):

 

BOMBYLIIDAE Villa hottentotta 4.jpg

 

Asilides.

Neomochtherus geniculatus (2):

 

ASILIDAE Neomochtherus geniculatus 3.jpg

 

Parfois même des cigales.

Cicada orni (3) (cigale de l'orne):

 

CICADIDAE Cicada orni 6.jpg

 

Dans cet article, nous ne montrons que les spécimens qui ont été sauvés.

Tous ceux qui sont photographiés ici reprirent leur envol.

Quasiment tous les ordres sont représentés (hyménoptères, diptères, coléoptères, lépidoptères, homoptères, hétéroptères...).

 

Mais, bien sûr, de nombreux insectes viennent mourir dans la piscine.

Plusieurs questions se posent à nous.

La première: ceci peut-il avoir un impact négatif significatif sur la biodiversité du jardin?

Lorsque le but, en utilisant des techniques permaculturelles, est de protéger celle-ci, il est désagréable de constater qu'une piscine tue un certain nombre d'insectes.

 

La survie globale d'espèces très répandues ne nous inquiètent pas.

Mordella aculeata (3) (mordelle):

 

MORDELLIDAE Mordella aculeata 6.JPG

 

Coccinella septumpunctata (3) (coccinelle à sept points):

 

COCCINELLIDAE Coccinella septempunctata 8.JPG
 

Cylindromyia sp. (3):

 

TACHINIDAE Cylindromia sp..JPG 

 

Mais, lorsque nous sauvons de la noyade des espèces que nous n'avions jamais rencontrées jusque là, nous nous posons la question.

Chalcis sispes (2):

 

CHALCIDIDAE Chalcis sispes 3.JPG
 

Crioceris paracenthesis (3) (criocère méridional):

 

CHRYSOMELIDAE Crioceris paracenthesis 1.JPG
 

Ichneumon confusor (2):

 

ICHNEUMONIDAE Ichneumon confusor 2.JPG

 

Onthophagus vacca (2) (onthophage de la vache):

 

SCARABAEIDAE Onthophagus vacca 1 (onthophage de la vache).JPG

 

Un bousier dont on se demande ce qu'il fait là car il n'y a aucune vache à proximité.

Sans doute se satisfait-il des crottes de mouton ou de crottin d'équidé.

 

Comment apprécier le pourcentage d'individus noyés pour une espèce donnée?

Cela est évidemment impossible.

Il est clair qu'une grande quantité d'insectes doivent aussi se noyer dans les mares du jardin.

Mais les mares sont des écosystèmes qui permettent la reproduction et le développement des larves.

Ce que n'est pas une piscine.

 

Une autre question est: comment des insectes volants se noient-ils aussi facilement?

En particulier des hyménoptères, qui disposent pourtant d'autres points d'eau accessibles et sans danger?

Gasteruption sp. (3):

 

GASTERUPTIONIDAE Gasteruption sp. 4.JPG
 

Lasioglossum brevicornis (2):

 

HALICTIDAE Lasioglossum brevicornis.JPG
 

Vespula germanica (3) (guêpe germanique):

 

VESPIDAE Vespula germanica 6.JPG
 

Nous n'avons pas la réponse non plus.

Autre question: sur la plupart des spécimens sauvés, on constate la présence d'un dépôt blanchâtre.

Est-il la conséquence des dérivés de chlore utilisés pour maintenir l'homéostasie de la piscine?

Si oui, cela impacte-t-il la survie des insectes?

Thereva valida (1) (mouche thérévide):

 

THEREVIDAE Thereva valida.JPG
 

Agenioideus sp. (2):

 

POMPILIDAE Agenioideus sp. 2.JPG
 

Lepyronia coleoptrata (2):

 

APHROPHORIDAE Lepyronia coleoptrata.JPG

 

Par ailleurs, quelques constatations s'imposent.

Les insectes sont nonchalants.

Cette asilide se repose, "pépouze", sur le bord.

Tolmerus sp. (2):

 

ASILIDAE Tolmerus sp. 1.JPG

 

Sa consœur a du faire de même, mais elle a failli y rester.

Bien que mal en point, elle put reprendre son vol.

 

ASILIDAE Tolmerus sp. 2.JPG

 

Cette fourmi, tranquille, fait le tour.

Camponotus sp. (2):

 

FORMICIDAE Camponotus sp. 2.JPG

 

Sa congénère se dit qu'elle aurait mieux de rester par terre.

Camponotus lateralis (2) (fourmi camponote):

 

FORMICIDAE Camponotus lateralis 2.JPG

 

Beaucoup d'insectes sauvés des eaux procèdent à une toilette soigneuse avant de prendre leur envol.

Lasioglossum calceatum (3) (lasioglosse chaussé):

 

HALICTIDAE Lasioglossum calceatum 3 (2).JPG

 

HALICTIDAE Lasioglossum calceatum 4.JPG
 

Il parait évident que l'eau les dérange.

D'ailleurs, lorsque le temps se couvre, on ne voit quasiment pas d'insecte voler.

Lasioglossum albipes (2):

 

HALICTIDAE Lasioglossum albipes 1.JPG

 

HALICTIDAE Lasioglossum albipes 2.JPG

 

Pour autant, que se passe-t-il pour eux en cas de pluies diluviennes?

 

Autre constatation: les insectes semblent résister assez longtemps à la noyade.

Beaucoup de repêchés, qui semblaient complètement K.O. (état de mort clinique), finissent par se réveiller et repartir.

Chrysis sp. (3) (chryside/guêpe bijou):

 

CHRYSIDAE Chrysis sp. 2.JPG

 

Andrena labiata (3) (andrène):

 

ANDRENIDAE Andrena labiata 3.JPG 

 

Les insectes dépendent, comme les mammifères, de l'oxygène.

Mais ne disposent pas d'appareil respiratoire, ni d'hémoglobine pour le transporter.

L’oxygène dans leur corps est distribué par diffusion, par l'intermédiaire d'un système de tubules.

Cela leur permet-il de résister mieux à l'asphyxie momentanée?

Cryptus sp. (2):

 

ICHNEUMONIDAE Cryptus sp..JPG

 

Le système de transport de l'oxygène vers les tissus des insectes est efficace.

Mais il ne l'est que parce que les insectes sont petits.

S'il disposaient de poumons et d'un transporteur comme l'hémoglobine, les insectes pourraient être beaucoup plus gros.

 

Heureusement cela n'est pas le cas.

Sinon, nos vies seraient fatigantes.

 

Starship_Troopers.jpg

(droits réservés)

 

Certains papillons, que nous imaginons si fragiles, finissent par se sortir aussi de la piscine.

Synaphe punctalis (3):

 

PYRALIDAE Synaphe punctalis  5.JPG

 

Enfin, bien que sonnés et ne s'envolant pas immédiatement, les insectes sauvés restent difficiles à photographier.

Sciocoris sideritis (2):

 

PENTATOMIDAE Sciocoris sideritidis 2.JPG
 

Physiphora alcea (2):

 

LAUXANIIDAE Calliopum sp. 3.JPG

 

Et difficiles à déterminer.

Des mutilles.

Smicromyrme sp. (1):

 

MUTILLIDAE Smicromyrme sp..JPG

 

Les mutilles sont souvent aptères (dépourvues d'ailes).

Cependant, les mâles de certaines espèces possèdent des ailes.

Physetopoda punctata (1):

 

MUTILLIDAE Physetopoda punctata 2.JPG

 

Un pompile.

Anoplius viaticus (1):

 

POMPILIDAE Anoplius viaticus.JPG

 

Les abeilles sauvages, casse-tête chinois du débutant, ne sont pas plus facile à reconnaitre après repêchage.

Ainsi, cette probable halicte n'a jamais montré ses ailles.

C'est l'habitus qui nous a poussé à la nommer.

Lasioglossum nitidulum (1):

 

HALICTIDAE Lasioglossum nitidulum 3.JPG

 

Cette andrène nous montre sa nervation alaire:

 

ANDRENIDAE Andrena sp..JPG

 

Mais ce n'est pas suffisant pour trouver l'espèce.

Ce spécimen est-il aussi une andrène?

 

IMGP7345.JPG
 

Celui-ci est-il un lasioglosse?

 

IMGP7348 (2).JPG

 

Impossible de savoir.

Bref, nous ferions mieux de laisser les abeilles sauvages aux professionnels.

En conclusion de tout ceci, il est clair qu'une piscine suscite un certain nombre de questions auxquelles l'entomologiste amateur n'est pas capable de répondre.

Et représente un piège mortel pour de nombreux insectes.

Indirectement, cela nous donne une idée de la quantité d'insectes qui habitent un jardin.

Car il est évident que ce piège n'a aucun impact réel sur leur survie globale.

Nous pouvons dormir tranquille, nous ne concurrencerons pas Monsanto.

 

 

 

 

 

 

 

 



06/10/2017
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