LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

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Regarder les fleurs, voir les insectes: hélichryse

Nous avons publié dans le blog, dans la rubrique "pollinisation", un certain nombre d'articles consacrés aux plantes du jardin attirant les insectes.

Parmi celles-ci, certaines sauvages, d'autres domestiques.

Certaines odorantes, d'autres moins.

Mais toutes représentant un excellent terrain d'observation pour l'entomologiste amateur.

En période de floraison, évidemment.

 

Une plante, cependant, surplante toutes les autres.

Une plante, discrète, qui ne fleurit qu'au mois de juin: l'hélichryse italienne.

Le nom "hélichryse" vient de "hélios", le soleil, et de "chrysos", l'or.

En raison, évidemment, de la couleur de ses fleurs.

 

IMG_8691 (2).JPG

 

Il s'agit d'une plante méditerranéenne typique, rustique, facile d'entretien, et très résistante au manque d'eau.

Sa fragrance est caractéristique, et fait penser à l'odeur du curry.

On la nomme d'ailleurs "plante curry".

On la nomme aussi "immortelle d'Italie" en raison de la conservation exceptionnellement longue de ses fleurs en bouquets secs.

 

L'hélichryse est bien connue des aromathérapeutes car on l'utilise fréquemment pour en extraire une huile.

Helichrysum italicum est une huile essentielle réputée, aux vertus anti-œdémateuses.

Elle prévient et guérit les hématomes (à la manière de l'arnica).

Elle a aussi des propriétés anti "radicaux libres", donc est très utilisée dans les crèmes "anti-âge".

 

La photo qui suit, très banale, est en fait impossible à prendre si l'on ne secoue pas les fleurs avant.

 

IMG_8739.JPG

 

Car la plante curry attire énormément d'insectes pollinisateurs.

Pendant sa floraison, il est quasiment impossible d’observer un plant qui ne soit pas visité par au moins l'un d'entre eux.

Si on ne "secoue" pas le plant avant la photo, on prend en général plutôt ceci:

 

IMG_8570.JPG

 

Ou encore cela:

 

IMG_8605.JPG

 

Dans la photo qui suit, on les aperçoit à peine, mais ce sont pas moins de dix espèces différentes qui se promènent sur le plant.

 

IMG_8686 (2).JPG

 

Dans cette photo-là, on note la cohabitation de l'hélichryse avec une sauge.

Mais c'est surtout sur la première que viennent se poser les butineurs de tous crins.

 

IMG_8688.JPG

 

En fait, l'hélichryse italienne est une mine d'or pour l'entomologiste amateur.

On rencontre sur ses fleurs un nombre invraisemblable d'espèces différentes, appartenant à plusieurs ordres.

 

En premier lieu des hyménoptères.

Plusieurs espèces d'abeilles sauvages.

Andrena flavipes (1) (andrène à pattes jaunes):

 

ANDRENIDAE Andrena flavipes 3.JPG

 

Colletes daviesanus (2):

 

ANDRENIDAE Andrena gravida 2.JPG

 

Hylaeus variegatus (0):

 

COLLETIDAE Hylaeus variegatus 3.JPG

 

Hylaeus signatus (0):

 

COLLETIDAE Hylaeus signatus 4.JPG

 

Ceratina cyanea (1):

 

APIDAE Ceratina cyanea.JPG

 

Les abeilles sauvages assumeraient à elles seules 50% de la pollinisation, toutes espèces confondues.

Ce n'est, bien sûr, qu'une approximation.

 

A noter, dans les espèces rencontrées, deux Hylaeus.

Les Hylaeus sont de très petites abeilles appartenant à la famille des collètes.

Il en existe plus de trente espèces en France.

Mais la plupart sont impossibles à déterminer par un amateur.

Nous devrions, dans leur cas, ne jamais préciser l'espèce.

Hylaeus sp. (3):

 

 

A côté des abeilles, quelques guêpes.

Ancistrocerus auctus (2):

 

VESPIDAE Ancistrocerus auctus 1.JPG

 

Et quelques gasteruptiidae, famille proche des ichneumons.

Gasteruption hastator (3):

 

GASTERUPTIONIDAE Gasteruption hastator 2.JPG

 

Gasteruption jaculator (2):

 

GASTERUPTIONIDAE Gasteruption jaculator 2.JPG

 

Autres pollinisateurs fréquentant l'hélichryse: les lépidoptères.

Nemophora fasciella (3):

 

ADELIDAE Nemophora fasciella 3 (2).JPG

 

Maniola jurtina (3) (myrtil):

 

NYMPHALIDAE Maniola jurtina 5.JPG

 

Satyrium ilicis (3) (thécla de l'yeuse):

 

LYCAENIDAE Satyrium ilicis 2.JPG

 

Aricia agestis (3) (collier de corail):

 

LYCAENIDAE Aricia agestis 7.JPG

 

Bien que les papillons soient des insectes assez gros, ils ne sont pas faciles à photographier.

Ils sont souvent très actifs et ne restent pas longtemps au repos.

Sauf lorsqu'ils butinent.

Polyommatus icarus (2) (azuré commun):

 

LYCAENIDAE Polyommatus icarus 6.JPG

 

Lycaena phlaeas (3) (cuivré commun):

 

LYCAENIDAE Lycaena phlaeas 10.JPG

 

Pyrausta aurata (3) (pyrale de la menthe):

 

CRAMBIDAE Pyrausta aurata 4.JPG

 

Pyropteron affinis (3) (sésie des hélianthèmes):

 

SESIIDAE Pyropteron affinis 1.JPG

 

De très nombreux diptères se rencontrent aussi sur les hélichryses.

Beaucoup de diptères sont floricoles.

Les imagos (formes adultes) de certaines familles se nourrissent essentiellement de nectar.

C'est les cas des bombyliidae.

Lomatia sp. (3):

 

BOMBYLIIDAE Lomatia sp. 2.JPG

 

Et des syrphiidae.

Paragus bicolor (2):

 

SYRPHIDAE Paragus bicolor 3.JPG

 

Parmi les mouches vraies (muscides, anthomyiides, calliphorides, etc.) le mode d'alimentation des adultes est varié.

Toutes les mouches adultes se nourrissent de substances liquides (matières organiques diverses).

Mais beaucoup sont floricoles et ne dédaignent pas le nectar.

Par exemple, cette calliphoride.

Chrysomia albiceps (2):

 

 

La famille dont le plus grand nombre d'espèces semblent être attirées par les hélichryses est toutefois celle des tachinaires.

Bithia spreta (2):

 

TACHINIDAE Bithia spreta.JPG

 

Gastrolepta anthracina (1):

 

TACHINIDAE Gastrolepta anthracina.JPG

 

Cylindromia intermedia (2):

 

TACHINIDAE Cylindromyia intermedia 2.JPG

 

Gymnosoma rotundatum (2) (gymnosome arrondi):

 

TACHINIDAE Gymnosoma rotundatum 4.JPG

 

Eliozeta helluo (2):

 

TACHINIDAE Eliozeta helluo 1.JPG

 

Eriothrix rufomaculatus (3):

 

TACHINIDAE Eriothrix rufomaculatus 3.JPG

 

Une autre famille, et une autre espèce de mouche floricole.

Empis livida (2):

 

 

Il s'agit d'une empide.

Mais attention, les empides sont aussi zoophages.

Elles peuvent abandonner le nectar pour attaquer un autre butineur.

Empis tessalata (3):

 

 

Sur n'importe quelle plante en fleurs, on peut rencontrer des espèces qui ne se nourrissent pas de nectar.

Mais qui se nourrissent d'insectes (entomophages).

L'hélichryse ne fait pas exception.

 

Une arachnide.

Synema globosum (3) (thomise Napoléon):

 

THOMISIDAE Synema globosum 9.JPG

 

Quelques hétéroptères.

Phymita crassipes (3) (punaise à pattes de crabe):

 

REDUVIIDAE Phymata crassipes.JPG

 

Adelphocoris vandalicus (2):

 

MIRIDAE Adelphocoris vandalicus.JPG

 

Strictopleurus sp. (3):

 

RHOPALIDAE Strictopleurus sp. 1.JPG

 

Le sommet de la fréquentation des fleurs d'hélichryse est représenté par les petits coléoptères floricoles.

Coléoptères dont nous nous inquiétions naguère d'en rencontrer si peu dans notre jardin...

Oedemera atrata (2):

 

OEDEMERIDAE Oedemera atrata 3.JPG

 

Oedemera nobilis (3) (oedemère noble):

 

OEDEMERIDAE Oedemera nobilis 5.JPG

 

Oedemera podagrariae (3) (oedemère ochracé):

 

OEDEMERIDAE Oedemera podagrariae 5.JPG

 

Chrysanthia viridissima (2) (chrysanthie cuivrée):

 

OEDEMERIDAE Chrysanthia viridissima.JPG

 

Megatoma undata (2):

 

DERMESTIDAE Megatoma undata.JPG

 

Anthrenus angustefasciatus (3):

 

DERMESTIDAE Anthrenus angustefasciatus 2.JPG

 

Anthrenus pimpinellae (3):

 

DERMESTIDAE Anthrenus pimpinellae.JPG

 

Anthrenus fuscus (1):

 

DERMESTIDAE Anthrenus fuscus.JPG

 

Anthaxia millefolii (2):

 

BUPRESTIDAE Anthaxia millefolii.JPG

 

Anthaxia cichorii (3):

 

BUPRESTIDAE Anthaxia cichorii 3.JPG

 

Anthaxia nitidula (2):

 

BUPRESTIDAE Anthaxia nitidula 3.JPG

 

Paracorymbia fulva (3) (lepture fauve):

 

CERAMBYCIDAE Paracorymbia fulva.JPG

 

Pseudovadonia livida (1):

 

CERAMBYCIDAE Pseudovadonia livida.JPG

 

Mordella aculeata (2):

 

MORDELLIDAE Mordella aculeata 3.JPG

 

Stenopterus rufus (3) (sténoptère roux):

 

CERAMBYCIDAE Stenopterus rufus 2.JPG

 

Trichodes alvearius (3) (clairon commun):

 

CLERIDAE Trichodes alvearius 3.JPG

 

Cryptocephalus sexpustulatus (3):

 

CHRYSOMELIDAE Cryptocephalus sexpustulatus 2.JPG

 

Dorénavant, à chaque floraison, nous nous précipitons vers l'hélichryse.

Et nous mitraillons.

 

Le plus facile, si l'on souhaite observer des insectes, est, évidemment, de regarder les fleurs.

On se limitera ainsi (pas uniquement) aux insectes pollinisateurs.

Mais les photos seront faciles à réaliser.

Car les pollinisateurs, concentrés sur leur tâche, sont moins farouches et plus faciles à approcher.

Certaines plantes attirent plus les insectes que d'autres.

Indiscutablement, l'hélichryse en fait partie.

 

 

 



01/11/2019
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